21 septembre 2009

Chrétien de Troyes

Chrétien de Troyes est considéré comme le premier grand romancier français. Les textes les plus tardifs sont influencés par la religion chrétienne: les chevaliers y combattent pour dieu contre les forces du mal.

Posté par CLVP à 00:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Le merveilleux breton et chrétien


Le merveilleux (du latin mirabilia : « choses étonnantes, admirables ») se définit par le caractère de ce qui appartient au surnaturel, au monde de la magie, de la féerie

 

Le merveilleux Breton ou celtique   

   Les Enchantements de Bretagne, telle était l’expression traditionnellement utilisée par les auteurs du Moyen âge pour désigner les merveilleuses aventures et les mystérieux personnages issus des contes « bretons » (c’est-à-dire d’origine celtique).

Enchantement_de_bretagne

On appelle "Matière de Bretagne" l'ensemble des oeuvres qui traitent des aventures légendaires du roi Arthur, de ses chevaliers et de leurs familles. les textes produits dans cette veine sont écrits entre les IXème et XVème siècles, soit pendant pas moins de six siècles...

Le merveilleux chrétien

Ce qui constitue le merveilleux chrétien , ce sont les interventions et volontés de Dieu : ainsi les chevaliers les plus célèbres ( Arthur, Lancelot, Perceval...) doivent leur destin exceptionnel au fait qu'ils ont été élus: choisis par Dieu.

Repérez dans une lecture les éléments du merveilleux celtique et chrétien .

Texte « les chevaliers de la Table ronde »adapté par F.Johan extrait du livre suivant :


                      (Cliquez sur la page de couverture pour découvrir le questionnaire)

Enchantements_de_Merlin


Vous pouvez consulter les documentaires suivants au CDI:

Photo_055__R_solution_de_l__cran_

Photo_060__R_solution_de_l__cran_

Cliquez sur l'album photo suivant pour découvrir les autres documentaires de ton CDI :

Photo_059__R_solution_de_l__cran_

Bonne lecture !

> Cliquez ici Pour aller plus loin

 

Posté par CLVP à 00:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Merlin


QUI EST Merlin_I ?

<merlin_l_enchanteur

Questionnaire_Merlin

Posté par CLVP à 03:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

La Table ronde


Merlin_de_Boron

Lisez l'extrait de Robert de Boron et découvrez une explication de l'histoire de la Table ronde .

Les trois tables.

Merlin se consacra longtemps au service d’Uterpandragon pour qui il avait une profonde affection et dont il avait gagné l’amitié et la confiance. Il le prit un jour à part.

« Sire, dit Merlin, vous savez que je connais le passé, ce don me vient de ma nature diabolique, mais Notre-Seigneur dans sa toute puissance m’a donné la faculté de connaître aussi l’avenir, et grâce à ce pouvoir souverain les diables m’ont perdu, car s’il plaît à Dieu, je ne serai jamais soumis à leur volonté. Je vous dirai encore ce que Notre-Seigneur veut vous révéler. Il est venu sur la terre pour sauver l’humanité. Alors qu’il était assis à la table de la Cène, il dit à ses apôtres que l’un deux le trahirait. C’est ce qui arriva en effet et l’auteur de ce forfait quitta la compagnie, comme jésus l’avait prédit. Ensuite notre Seigneur souffrit la mort. Un chevalier demanda son corps et le détacha de l’instrument de son supplice, on le lui accorda en récompenses de ses services(1). Notre- Seigneur prit en affection ce soldat désireux de recevoir son corps, qui eut par la suite à endurer maints tourments de la part des Juifs. Il arriva que ce soldat se trouvait en un désert avec nombre de gens et une grande partie de son lignage. Survint une grave famine et ils se plaignirent à ce chevalier qui était leur guide. Il supplia notre seigneur de lui envoyer un signe indiquant pourquoi il leur imposait une telle souffrance : Notre-Seigneur lui ordonna de construire une table, réplique de celle de la Cène, et d’y déposer un vase qu’il possédait, après l’avoir recouverte d’une nappe blanche et de recouvrir de même le vase. Ce vase que lui avait donné Jésus- Christ lui permit de séparer les bons des méchants. À cette table une place vide marque l’endroit où Judas était assis à la Cène. Les deux tables furent ainsi établies en parfaite analogie et Notre- Seigneur combla de grâce celui qui s’assiérait à la nouvelle table. Les gens appelaient « Graal » le vase qui était sous leurs yeux et dont ils recevaient la grâce."

« Si vous m’en croyez, nous établirons la troisième table au nom de la Trinité(2), puisque la Trinité est représentée par le chiffre trois. Cette institution sera, je vous le promets, la source de grands biens et des grands honneurs pour votre âme et votre corps et par elle se produiront de votre vivant d’extraordinaires prodiges. Je vous assure que ce sera un événement dont il sera beaucoup parlé partout. »

Le projet de Merlin plut à Uter.

« Sire, dit Merlin, heureux de l’approbation du roi, songez à quel endroit vous aimeriez établir cette table.

- Fais-la là où tu le préfèreras toi-même et où, à ton avis, elle agréera le plus à Jésus-Christ.

- Ce sera donc, reprit Merlin, à Carduel, au pays de Galles. Réunissez là-bas tout le peuple autour de vous, les chevaliers et les dames du royaume, apprêtez-vous à les combler de cadeaux et à leur faire bon accueil. Je vous précèderai, je ferai construire la table. Quand vous serez arrivé et que votre peuple sera rassemblé, je choisirai ceux qui sont dignes d’y avoir leur place. »

Selon le désir de Merlin le roi fit savoir dans tout le royaume qu’il serait à Carduel, au pays de Galles, pour la Pentecôte, et que les chevaliers et les dames devaient sans exception s’y trouver à cette date. Il le publia partout et Merlin partit pour s’occuper de la table.

Robert De BORON, Le roman de Merlin.

1 Joseph D’Arimathie avait obtenu de recevoir le corps du Christ pour lui donner une sépulture dans son propre tombeau.

2 Dans la religion  chrétienne, bien que dieu soit unique, il existe en trois personnes : le père le fils et le Saint Esprit. la trinité est donc une façon de désigner Dieu.

A la suite de Chrétien de Troyes qui composa les premiers romans en ancien français, Robert de Boron, chevalier-clerc attaché au service de Gautier de Montbéliard, a consacré au monde arthurien plusieurs romans. Nous en connaissons au moins trois, par fragments : Joseph d'Arimathie, le Roman de l'histoire du Graal, Merlin .

Le Roi Arthur et les chevaliers de la Table ronde

Cliquez sur l'image pour visiter le site

Chevalier_de_la_Table_ronde

Symboles de la Table ronde dans les romans arthuriens

1°) La table de la Cène réunissant les apôtres autour du Christ,

2°) la table du Graal qu'institue Joseph d'Arimathie, reflet de la précèdente,

3°) la table fondée par Arthur, pour asseoir sa chevalerie et sa souveraineté où nul n'a la préséance. Seul un siège y est interdit, le siège périlleux .

La quête du Graal

Cliquez sur l'image pour découvrir son histoire .

Le_Graal

ACTIVITES_B2i_les_personnages_des_RDC

Posté par CLVP à 04:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

09 novembre 2009

Les chevaliers de la table ronde


roi_arthur

Le roi Arthur : Arthur est le fruit d'un adultère entre le roi Uter Pendragon et la femme de l'un de ses vassaux.Il grandit loin de la Cour sous la protection de Merlin. A la mort de son père il est le seul à pouvoir arracher l'épée Excalibur du roc dans lequelle elle était fichée et il devient alors roi des Bretons. Il épouse Guenièvre qui sera séduite par le chevalier lancelot .

ma_LancelotCharetteLancelot, le chevalier à la charrette : élevé par la fée viviane aussi appelée la Dame du lac.Arrivé à la cour il tombe amoureux de la reine Guenièvre. Pour sauver Guenièvre il monte dans la charrette d'infamie et pénètre dans le redoutable royaume de Gorre.

Extrait

(Messire gauvain poursuit lancelot et le retrouve)

     Il passa outre à grande allure jusqu'à ce qu'il retrouve, par aventure, le chevalier tout seul, à pied, tout armé, heaume lacé, l'écu au col, l'épée ceinte, près d'une charrette rencontrée. les charrettes servaient alors à quoi servent les piloris. Et en chacune bonne ville où il en est plus de trois mille, n'en était qu'une en ce temps-là qui était à tous commune, comme aujourd'hui les piloris, pour ceux qui ont commis meurtre et trahison, pour ceux qui sont tombés en duel de jugement, pour les larrons et les bandits de grand chemin. Qui était pris sur le fait était alors mis sur la charrette, mené par toutes les rues puis déclaré hors-la-loi, ne pouvant plus être ouï en justice, non plus honoré, ni fêté. par ce qu'en ce temps-là, les charrettes étaient si cruelles, il fut dit:" quand tu verras charrette et tu l'encontreras, signe-toi et souviens -toi de Dieu, afin que mal ne t'advienne !"

  Chrétien de Troyes , Lancelot  le chevalier à la charrette  1181

traduit par Jean Pierre Foucher

( Ed Gallimard 2006)

untitledYvain le chevalier au lion : triomphe d'Esclados le roux, le seigneur de la fontaine, dans la forêt de brocéliande et épouse sa veuve laudine.Parti tournoyer pour garantir son honneur il déçoit sa dame ne revenant pas un an jour pour jour après son départ, comme il le lui avait promis. Laudine le rejette et il sombre alors dans la folie. Guéri et accompagné par un lion il devient le chevalier au lion.

Extrait 

Messire Yvain cheminait pensif par une profonde forêt et soudain ouït un cri très fort et douloureux . Il se dirigea vers l'endroit d'où lui semblait parti le cri. Quand il parvint en ce lieu-là, il vit un lion dans un essart et un serpent qui l'enserrait dedans sa queue et lui brûlait l'échine de cent flammes qu'il vomissait. messire Yvain regarda longtemps cette merveille. En lui-même il se demanda lequel des deux il aiderait. Il se décida pour le lion, pensant qu'on ne doit faire du mal qu'à bête venimeuse et félonne. [...]  Quand il eut délivré le lion il crut qu'il allait maintenant falloir combattre car le lion allait l'attaquer, pensait-il. Mais le lion ne fit pas ainsi. Ecoutez ce que fit la bête, preux animal et débonnaire : elle commença à faire comme si elle se rendait à lui; elle étendait ses deux pattes jointes, vers la terre inclinait la tête, se dressait sur ses pieds de derrière, puis elle se ragenouillait et toute sa face mouillait de larmes par humilité.[...] Yvain continua son chemin. Le lion marcha auprès de lui, montrant bien que jamais il ne le quitterait et qu'avec lui toujours irait car il voulait assurément servir ce maître et le protéger.

   Chrétien de Troyes , Yvain le chevalier au lion, 1181.

traduction de  Jean Pierre Foucher

( Ed Gallimard 2001)

Perceval_Chretien  Perceval ou le  roman du Graal :après la mort de son père, sa mère l’élève dans l’isolement de la forêt en lui faisant ignorer jusqu’à l’âge de 15 ans comment se conduisent les hommes. Un jour, en jouant au javelot dans la forêt, le jeune Perceval rencontre cinq chevaliers aux armures si étincelantes qu’il les prend pour des anges. Il veut alors devenir lui-même chevalier, et se rend à la cour du roi Arthur ; après s’être révélé comme un excellent combattant il est adoubé et invité à se joindre aux Chevaliers de la Table Ronde. (histoire du monde.net)

250px_Gauvain_et_le_pretreGauvain est le neveu du roi Arthur et il est aussi son meilleur ami. Il fait partie des premiers chevaliers que le roi, aidé par Merlin, nomme à la Table Ronde. On trouve plusieurs équivalents celtes de son nom : Gwalchmai et Gwalchmei (Faucon de Mai ou Faucon des plaines) ainsi que Gawain.(histoire du monde.net)

Gauvain porte fréquemment l'épée du roi Arthur : Excalibur. Gauvain est le cousin d'Yvain qui est également pour lui un ami très cher. Gauvain est le seul chevalier de la cour d'Arthur, avec Yvain parfois, que l'on nomme "monseigneur". Son cheval se nomme Gringalet.

Gauvain a la particularité de voir sa force croître avec le soleil, celle-ci étant à son paroxysme aux heures de midi, avant de diminuer jusqu'au tomber du jour. (Wikipédia)

700px_galahad_grail_1248630098Galahad ou Galaad est le fils du chevalier Lancelot du lac et d'Ellan, fille du roi Pellès, le roi Pêcheur, qui détient le Graal. Son nom vient du gallois Gwalchaved : « faucon d'été ». Il est le plus jeune chevalier de la Table ronde. Il est le bon chevalier, le seul qui puisse s'asseoir à la droite d'Arthur sur le siège périlleux, comme prédit par Merlin qui l'avait présenté à la cour du roi Arthur. Accompagné de Perceval et de Bohort (le jeune cousin de Lancelot) il sera le seul, au terme de la quête, à pouvoir regarder à l'intérieur du Saint-Graal. Il mourut d'ailleurs juste après car avec ce qu'il avait vu, il ne pouvait plus vivre.(Wikipédia)

tristan_et_iseutTristan de Loonois (le pays de St-Pol-de-Léon), chevalier et neveu de Marc, vieux roi de Cornouailles époux de yseult la blonde.

Tristan, comme si c'était une prédestination à sa future existence, est un enfant de l'amour né dans la tristesse. Avant sa naissance, il a perdu son père et, peu après, sa mère, sœur du roi Marc. Aussi a-t-il été élevé par Rohalt, son père adoptif, et Gorvenal, son fidèle écuyer, comme un parfait chevalier, apprenant les arts martiaux, la musique, la vénerie, édifiant surtout son existence sur la fidélité à la parole donnée. Enlevé par des marchands, il est recueilli, sans se faire connaître, par son oncle, le roi Marc de Cornouailles dont il a décidé, par reconnaissance, de devenir le fidèle vassal.

   Il prouve sa vaillance et sa fidélité en tuant le Morholt, terrible chevalier d'Irlande et oncle d'Yseut, qui venait réclamer le tribut de son roi. Il les prouve encore lorsqu'il va braver la haine des Irlandais en allant chercher Yseut, en l'obtenant après avoir tué un monstre qui exigeait son tribut humain quotidien. Mais surtout il jure en présence de cent chevaliers et sur les reliques des saints d'emmener la jeune fille comme épouse au roi Marc. Sur le bateau qui les emporte vers la Cornouailles, Tristan et Yseut boivent par mégarde le philtre d'amour préparé pour les futurs époux. "C'était la passion, c'était l'âpre joie et l'angoisse sans fin et la mort". Si d'abord les deux jeunes gens essaient de lutter contre le sentiment naissant, si Tristan se reproche sa jalousie, ils se laissent vite aller à la force qui les entraîne, acceptant leur destin fatal. "Vienne donc la mort !" s'exclame Tristan.(etudes-litteraires.com)

Posté par CLVP à 05:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :



La forêt et la fontaine merveilleuse .


      

« Tu verras la fontaine qui bouillonne, bien qu’elle soit plus froide que le marbre. Elle est ombragée par le plus bel arbre qu’ait jamais pu former Nature. En tout temps il conserve ses feuilles, car il ne les perd jamais, quelle que soit la rigueur de l’hiver. Un bassin de fer y est suspendu à une chaîne si longue qu’elle descend jusqu’à la fontaine. Près de la fontaine tu trouveras une grosse pierre plate, telle que tu la verras ;  ; je ne peux pas te dire comment elle est, car jamais je n’en ai vu de pareille ; et de l’autre côté, tu apercevras une chapelle, petite, mais très belle.lle est, car jamais je n’en ai vu de pareille ; et de l’autre côté, tu apercevras une chapelle, petite, mais très belle.

  Si tu veux prendre de l’eau avec le bassin et la répandre sur la pierre, tu verras alors une telle tempête, qu’il ne restera dans ce bois aucune bête, ni chevreuil , ni cerf, ni daim, ni sanglier ; même les oiseaux partiront ; car tu verras tellement tomber la foudre, venter, les arbres se briser, pleuvoir, tonner et faire des éclairs que, si tu peux en réchapper sans grand mal et sans peine, tu auras plus de chance qu’aucun chevalier qui y soit jamais allé. »

Chrétien de Troyes, Yvain le chevalier au lion 1181

Cliquez sur l'arbre pour découvrir l'exercice .

gif_arbre

Posté par CLVP à 17:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Le château fort


(Perceval, jeune noble qui décide d’être chevalier, approche le château de Gonemant de Goor, près de la mer à l’embouchure d’une rivière.)

[…] Arrivé là où la rivière est bien près du terme de sa course, le valet tourne vers la gauche et voit naître les tours du château, car c’est bien ainsi qu’elles lui apparaissent, comme si elles sortaient du château  même. Au milieu du château s’élevait une forte et haute tour; une solide barbacane commandait le débouché de la rivière. […]  Aux quatre coins de la muraille construite en fort moellons, quatre tours basses et trapues, de belle allure. Le château avait grand air et à l’intérieur il était disposé à souhait. Devant un châtelet rond, un haut et robuste pont de pierre bâti à sable et à chaux, flanqué de bastions sur toute sa longueur et pourvu d’une tour au milieu, enjambait la rivière; au bout, un pont levis, fidèle à sa mission: pont le jour, porte close la nuit.

Chrétien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal (1181)

1° Quelle impression générale se dégage de la description du château ?

2° Quelle est généralement la classe grammaticale des mots qui servent à décrire ?

3° En quoi ce château constitue-t-il un lieu de défense ( situation matériau) ?

4° Relevez les mots ou expressions qui organisent cette description .

texte_et_compagnie_Nathan_5eme Page 157

Cliquez sur le château pour découvrir le lexique .

chevalier_qui_rentre_dans_le_chateau

Posté par CLVP à 18:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

L'adoubement


« Je te fais chevalier »

Adoubement_Lancelot

(Après avoir été formé à l’art de la guerre, Rigaut devient chevalier lors de la cérémonie de l’adoubement.)

En ce matin clair et beau de la Pentecôte, Rigaut, vêtu d'un habit de lin blanc, se tenait debout au milieu de la cour du château. Le comte Raimon ordonna aux sénéchaux1 d'apporter les armes. Il revêtit Rigaut d'un haubert à doubles mailles léger mais solide, puis posa sur sa tête un heaume à nasal2 d'or sur lequel brillait de mille reflets étranges une grosse escarboucle3. Le comte lui chaussa ensuite, selon la coutume, l'éperon droit. Enfin, il lui ceignit une solide épée; le pommeau et la garde étaient en or. Raimbaut avait déployé sa science et son art pour la forger, dans les ténèbres d'une profonde caverne où nul ne pénétrait. Aucune arme en ce monde ne pouvait résister à cette épée, que seules Durendal et Excalibur surpassaient.

«En te remettant cette épée, je te confère l'Ordre de Chevalerie, au nom de Dieu, de saint Michel et Saint -Georges. Chasse de ton cœur bassesse et vilenie. Secours homme, femme ou orphelin dans la détresse et le désespoir. Au combat, quand ton ennemi reconnaît ta victoire et demande grâce, épargne sa vie. Et n'oublie jamais de rester fidèle à Celui qui créa le ciel et la terre ; va souvent au moutier 4 prier Dieu, notre souverain Juge.» Raimon lui donna la colée5 et l'embrassa.

Un bon destrier rapide attendait là, piaffant d'impatience ; la couverture de selle était faite d'une soie  d'Orient, tombant en plis jusqu'au sol. Rigaut sauta en selle, saisit l'écu à bandes d'or et la lance bien aiguisée auquel le gonfanon6 était fixé par cinq clous d'or. Il s'élança et alla frapper la quintaine7 dressée à un bout de la cour.

«Quel beau chevalier! » Maintes Dames l'admiraient et chantaient ses louanges. L'écu vola en éclats et le haubert fut transpercé sous la violence du coup. Quand le vaillant Rigaut eut frappé la quintaine, il revint vers le comte Raimon, mit pied à terre et s'agenouilla.

Le comte lui demanda s'il acceptait de devenir son homme, loyal et fidèle. Rigaut répondit :«Je le veux.» Alors ils joignirent leurs mains et s'embrassèrent. Raimon donna le gant à Rigaut. «Je te donne par les présentes le fief d'Aner et de Larreule, et toutes leurs terres.

-Monseigneur, grande est votre récompense. Par Dieu le Rédempteur, je reconnais recevoir et tenir de vous, seigneur Raimon, comte de Foix, le château d'Aner et Larreule, avec toutes ses terres. Je suis votre vassal, votre homme lige, pour vous et vos héritiers. Moi, Rigaut, seigneur d'Aner et de Larreule, je jure sur les saintes Écritures de vous garder mon hommage de bonne foi et sans tromperie.»

Histoire de Rigaud ou de la chevauchée des âmes.

1Sénéchal : officier du seigneur.

2Nasal : partie du casque qui protège le nez.

3Escarboucle : pierre précieuse de couleur rouge, grenat.

4Moutier : monastère, abbaye.

5Colée : petite tape sur le cou, coup donné sur l’épaule avec le plat de l’épée

6Gonfanon : fanion, bannière.

7Quintaine : mannequin d’osier qui servait à l’entraînement des chevaliers.

Cliquez sur l'image suivante pour découvrir le questionnaire:

galahad

Consultez aussi votre manuel:

images P 69, 70

Cliquez sur le logo du site Curiosphère : curiosphere

-->(Labo interactif) vous trouverez cette image :ill_labo

Cliquez alors sur " A votre service mon seigneur"

Vous pouvez utiliser ce site pour le lexique médiéval :

Posté par CLVP à 19:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 novembre 2009

Le combat- lancelot et Méléagant

Image1

Les deux combattants, sans plus tarder, font reculer tous les gens. Tous deux partent au grand galop et, de la longueur de deux brassées, plongent les lances à travers les écus, si fort qu’elles éclatent comme brandons. Les chevaux d’un tel élan s’entreviennnent, front à front, que les deux chevaliers se heurtent poitrine contre poitrine. Les écus se heurtent ensemble et les heaumes, de sorte qu’il semble par le craquement qu’ils font qu’il vient de tonner un grand  coup.

lancelot_du_lac_combat

Il ne reste martingale ni sangle, étriers, rênes ni dossières qui ne se rompent, arçons qui ne soient mis en pièces. Ce n’est pas grand honte pour eux si les deux chevaliers tombent à terre, car les harnachements ont cédé. Mais d’un seul bond, tous deux ensemble sont debout et se combattent sans hâbler, plus fièrement  que deux sangliers. Ils ne prennent peine de se défier. De leurs épées d’acier se frappent  à grands coups comme gens qui ont grande haine.

Chrétien de Troyes, Lancelot le chevalier à la charrette,

Gallimard 2006 , traduction de Jean Pierre Foucher.

Dans la réalité féodale le chevalier est amené à combattre dans trois cas .

Visionnez l'animation suivante pour les découvrir:

chevalier_2chevalier_1

Posté par CLVP à 09:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

25 novembre 2009

Premier Combat


Jaufré, roman occitan du XIIe siècle, appartient au cycle des romans arthuriens qui racontent les aventures des chevaliers de la Table Ronde, autour du roi Arthur.

La première noble cause qui s’impose à Jaufré est de venger deux chevaliers tués et un autre blessé par l’orgueilleux et brutal Estout de Verfeuil. Il cherche celui-ci, le trouve enfin, lui demande raison de ses crimes. Après l’échange rituel de menaces et d’insultes, ils se préparent à combattre.

Vers- 1055-1183 Extrait du Roman de Jaufré(XIIe)


Alors Estout a pris du champ
et Jaufré s’est préparé
au combat qu’il attend.
Puis ils ont couru l’un contre l’autre
au galop de leurs chevaux.
Estout a frappé Jaufré
juste | la boucle de l’écu
et le lui a fendu et rompu
si bien que la lance
l’a transpercé
et a démaillé le haubert
du côté gauche.
Mais elle n’a pas touché la chair.
Jaufré lui aussi a asséné
sur l’écu de son adversaire un tel coup
qu’il lui a fait perdre les deux étriers
et l’a obligé | vider les arçons,
si violemment qu’il a failli se rompre le cou
en tombant. Sa tête a frappé le sol d’
un tel coup qu’il en est resté étourdi.
Mais aussitôt il s’est relevé d’un bond,
a tiré l’épée, sans attendre,
en homme de guerre avisé,
vers Jaufré il s’est élancé,
plein de colère et de rage
et Jaufré, le voyant, descend
de son cheval qu’il ne veut pas voir
blessé, mutilé ni tué.
Et il met l’écu devant sa poitrine,
et Estout y porte de tels coups
d’épée, en homme fou de rage,
qu’il le fend d’un bord | l’autre,
puis il retire l’épée vers lui.
« Par saint Pierre, s’écrie Jaufré,
vous croyez prendre une cruelle vengeance,
mais, si je peux, je vous la vendrai cher. »
Et il lui donne sur le heaume
un tel coup qu’il en fait jaillir du feu,
mais sans toutefois l’entamer plus
que s’il ne l’avait pas touché.
Et Estout lui aussi l’a assailli
si violemment qu’il lui a taillé
le premier quartier de l’écu
et un bout du haubert,

et il a fait sauter son épée
à terre si vite et si fort
qu’il lui a rasé le talon et coupé l’éperon.
Jaufré a pu esquiver
mais non sans admirer
la force du coup qu’il a vu porter.
Plein de courroux, il se mit à frapper
Estout sur son heaume brillant
si bien que l’épée se rompit
et se partagea en deux,
mais sans entamer le heaume.
« Eh, Dieu, dit Jaufré, qu’est ceci ? »
Qu’il aille au diable celui qui t’a fait
ce heaume si bien trempé
que mon épée s’y est rompue. »
Et Estout ne fut pas mécontent
de voir à terre la moitié
de l’épée de Jaufré. Cela lui plut fort.
Alors, il asséna sur le heaume
du fils de Dozon un coup en règle
si bien qu’il lui en arracha un quartier
avec le nasal jusqu’| la ventaille.
Le combat aurait fini là
si Jaufré n’avait pas levé son écu
qui reçut le choc
et en fut ébréché d’une paume.
« Chevalier, tu me frappes durement,
dit Jaufré, et je me demande si je suis envoûté
car, quelque coup que je donne,
je ne peux entamer ton heaume. »
Mais il lui donne avec la moitié de l’épée
qu’il tient un tel coup qu’il le jette | terre,
tout étourdi et privé
de la vue et de l’ouïe.
Et Estout qui se sent blessé
se lève tout étourdi
et comme un homme qui n’y voit pas,
il croit devant lui trouver Jaufré
mais c’est la terre qu’il frappe
de son épée qui s’y enfonce de la moitié.
Et, je vous le dis, s’il avait touché Jaufré,
il l’aurait coupé en deux.
Mais Jaufré, en homme avisé,
soudain lui fonce dessus,
jette son écu
et son épée, ou ce qu’il en reste,
et il le serre entre ses bras
et le broie si durement
qu’il lui fait craquer les côtes.
Estout s’écroule, n’en pouvant plus,
et son épée qui est si bonne
tombe par terre, inutile.
Jaufré commence à délacer
son heaume pour l’ôter de sa tête,
puis regardant autour de lui,

il voit l’épée. Il l’a déj| levée
et veut l’en frapper sur la tête.
Mais Estout qui ne peut se sauver
crie : « Chevalier, grâce !
Ne me tue pas, et prends de moi
la rançon que tu voudras.
Je reconnais que tu m’as vaincu. »
Jaufré répond : « Bien volontiers
je te fais grâce à condition
que tu fasses ce que je te dirai.
- Seigneur, je ferai volontiers
qu’il n’y a rien que vous demanderez
que je ne fasse, s’il est en mon pouvoir.
- Maintenant, dit Jaufré, lève-toi.
Tu iras trouver le roi Arthur,
là où il est, et te constituer prisonnier
avec les chevaliers qui sont là.
Mais tout ce que tu leur as pris,
tu le leur rendras,
et dis-lui que c’est moi qui t’envoie
et raconte-lui exactement comment
je t’ai vaincu par les armes.
- Seigneur, bien volontiers, par le Christ,
dit Estout, je ferai tout cela.
- Cela, dit Jaufré, et encore ceci :
le heaume et le haubert et l’écu
et l’épée avec lesquels tu as rompu les miens,
tu me les donneras. – Seigneur, bien sûr !
- Lève la main et prête serment.
- Certes oui, Seigneur, sans nulle tromperie. »

Relevez le lexique de l'équipement du chevalier puis visionnez les animations suivantes :

Lisez l'autre version de ce texte proposée dans ce manuel à la page 66 :

images

Quelles différences notez- vous entre ces deux versions ?

                

Voici une version plus récente :

Roman_de_jaufr__litterature_jeunesse

Posté par CLVP à 14:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]



« Début   1  2  3  4  5  6    Fin »